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Autant le dire… : Et si Blaise Compaoré avait dit au revoir

A la clôture du forum des corps constitués de l’Etat tenu le 6 novembre dernier à Ouagadougou, Blaise Compaoré dans son mot de la fin a dit à peu-près ceci. « Je voudrais sincèrement remercier ceux d’entre vous avec qui nous avons eu depuis 1991, et même au-delà à nous adapter à beaucoup de changements, de mutations, pour que notre pays soit ce qu’il est aujourd’hui. Je sais que cela n’a pas toujours été facile, mais nous avons fait ce qu’il fallait pour réussir notre mission et contribuer à bâtir la République ». En clair cela signifie : « Bâtir la République ». Puisque, immédiatement après, il ajoute comme s’il s’adressait à la jeune génération : « nous devons bâtir la République. C’est un travail continuel, qui ne s’arrête pas et qui a besoin de la contribution de chacun de nous »

A souhait, on pourrait spéculer pour dire que ce forum a été l’ultime rencontre entre le président du Faso et certains de ses camarades de longue date avec lesquels ils ont « crapatouillé », tangué par moments, mais avec lesquels aussi, ils ont réussi à maintenir le navire Burkina sur les « eaux troubles de la Révolution » ; mais également, ils ont mis en place un processus démocratique qui se construit bon an mal an et qui s’enracine de plus en plus.

En clair, Blaise Compaoré, est reconnaissant à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre l’ont accompagné, dans la majorité ou dans l’opposition, dans le combat qu’il a mené pour apporter sa pierre au développement du Burkina. Puisqu’il le dit : « les choses n’ont pas toujours été faciles ». Revenant sur une revendication d’étudiants en 1968 « certains d’entre vous n’étaient pas nés », a dit Blaise Compaoré en s’adressant aux plus jeunes, il a dit ceci : « je me rappelle du mot d’ordre des étudiants qui revendiquaient et qui disait ceci : « Soyons réalistes, demandons l’impossible ». C’est juste pour dire que les choses n’ont pas été faciles sur plusieurs plans. Non seulement les attentes des populations étaient et restent immenses, mais encore les réalités économiques et les ressources font qu’il est parfois très difficile de répondre favorablement à toutes les sollicitations.

Mais, l’équipe a fait ce qu’elle a pu puisque de ces années à nos jours, le Burkina a connu tout de même des évolutions positives. Que cette génération met naturellement à son actif. Mais également des ratés qu’elle assume.

Aussi, le président Blaise Compaoré, le paysan « sentant sa fin venir » (dans la fable du Laboureur et ses enfants) tout en maintenant le cap, demande à la nouvelle génération de s’impliquer fortement dans la construction de la République. Dans tous les cas, il ne peut en être autrement dans l’histoire des générations. Chacune arrive, fait ce qu’elle peut, s’efface et laisse la place à la suivante, avec le sentiment d’avoir fait en toute conscience ce qu’elle devait faire. Il me semble que cela pourrait être le cas en ce moment. Les signes le montrent à qui sait les lire.

Il revient donc à la génération suivante de savoir saisir le flambeau. Car, ce qui importe, c’est la République et non les hommes. Aussi, il lui revient de faire en sorte que ce flambeau brille davantage. Car, tout comme en 1991 et même avant, les préoccupations des Burkinabè sont aussi nombreuses que complexes. Mais, courageusement elle doit y faire face. Avec l’ensemble des Burkinabè. Il n’est donc pas question, comme le disent ou le pensent certains, d’attendre de qui que ce soit quoi que ce soit.

L’artiste a dit que le maçon, le paysan, le tailleur, le menuisier, l’enseignant, l’infirmier, le cordonnier, la secrétaire, l’élève, etc, on se complète. A condition que chacun fasse bien son travail et laisse les autres faire le leur.

Dabaoué Audrianne KANI

L’Express du faso