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Promotion de la paix et de la démocratie en Afrique : Blaise Compaoré lauréat du prix de la Fondation Crans Montana
COOPÉRATION

Pour ses actions en faveur de la paix, de la démocratie et du développement dans son pays et en Afrique, le Président du Faso, Blaise Compaoré, a été désigné lauréat 2014 du prix de la Fondation Crans Montana. Son prix lui a été décerné ce samedi 21 juin à Rabat, lors de la 25e session du Forum Crans Montana.

A la liste des éminentes personnalistés- Aung San Suu Kyi, Yasser Arafat, Yitzhak Rabin, etc.- qui ont déjà reçu le prestigieux prix de la Fondation Crans Montana pour la promotion du dialogue, de la paix, de la démocratie et du développement, il faut désormais ajouter le nom du Président du Faso. En effet, Blaise Compaoré s’est vu décerné ce 21 juin à Rabat le prix 2014 de la Fondation de Crans Montana Forum dont l’objectif est de promouvoir la coopération internationale à tous les niveaux : Politique, économique,… technologique. Aux yeux de Jean-Paul Carteron, président –fondateur de Crans Montana Forum, la remise de ce prix au Chef de l’Etat Burkinabè fait de lui « le garant de la stabilité en Afrique de l’Ouest », cela au regard notamment de ce qu’il a déjà accompli pour la paix dans la zone mais aussi de nouvelles menaces d’insécurité dans la région. Un souhait très compris par l’illustre récipiendaire qui dit voir dans la distinction à lui attribuée un message d’invitation à s’impliquer davantage dans la problématique de la paix dans la région et non pas comme un couronnement, compte tenu, « de l’immensité des tâches qui restent à accomplir ». Néanmoins, le président Compaoré a apprécié à cette juste valeur l’exhortation de la Fondation Crans Montana. « Cette distinction honore ces hommes et ces femmes du Burkina Faso, qui n’est pas doté de ressources naturelles extraordinaires mais qui travaille chaque jour à construire son développement », s’est félicité le Chef de l’Etat.

« Un prix mérité, sinon plus »

Le Président du Faso n’a pas été le seul à être désigné lauréat 2014 du prix de la Fondation Crans Montana Forum. D’autres acteurs de la promotion de la paix, de la démocratie et du développement, à l’image de ses homologues du Burundi ou de Malte à savoir Pierre Nkurunziza et Marie Louise Coleiro Preca, l’ont été aussi pour ce qu’ils ont fait et feront pour leur peuple, leur région. Mais, le Chef de l’Etat Burkinabè est celui qui a été le plus applaudi, le plus ovationné dans la grande salle de conférences de l’Organisation Islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture (ISESCO) où s’est déroulée la cérémonie. Au point qu’il faisait très bon être Burkinabè en ces lieux. En tout cas, personne de ceux que nous avons interrogés n’a trouvé à redire par rapport au prix reçu par le Président Compaoré. A ce propos, voici la réaction à chaud de Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre guinéen : « Il mérite bien ce prix dans la mesure où c’est un homme qui a contribué au règlement de conflits, qui a dirigé des dialogues politiques. Que ce soit au Togo, en Côte d’Ivoire, en Guinée et même au Mali ; il a fait preuve de beaucoup d’habileté et d’efficacité dans la réconciliation, dans la médiation et cela a donné de bons résultats. Parce que le problème ivoirien, on l’avait examiné à Marcoussis, en Afrique du Sud, un peu partout mais dès qu’il a pris le dossier il a pu faire avancer le dossier. Les élections ont été organisées en Côte d’Ivoire, même si on a déploré des élections post-électorales. En tout cas, ce qu’on retient, c’est que le président Blaise a bien mérité l’hommage qui lui a été rendu ici ».

La compatriote Assétou Ouédraogo, deuxième vice-président du Conseil régional du Centre-Nord et directrice générale de Global Business Company, est tout à fait sur la même longueur d’onde que le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée : « Le prix que le Président du Faso a reçu traduit ses mérites parce qu’il n’est pas facile de vendre la paix ». Et d’ajouter, toute fière : « On peut tout vendre mais vendre la paix est une lourde charge pour tout être humain. Pour moi-même, il n’y a pas de prix qui puisse récompenser les efforts du Président du Faso. C’est Dieu seul qui peut le récompenser à la hauteur de ses actions. Les médiations qu’il a menées en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Togo ne profitent pas qu’aux habitants de ces pays frères parce que les Burkinabè profitent aussi de cette paix. L’on ne peut pas dire qu’on est en paix alors qu’autour de soi il y a des problèmes. En cela, l’action de Son Excellence Monsieur le Président du Faso est inestimable ».

Vers une reprise en main du dossier malien par le Médiateur Compaoré

Parmi les grandes préoccupations de la 25e session du Forum Crans Montana figure en bonne place le processus de paix au Mali, en panne avec la non application de l’Accord de Ouagadouogu du 18 juin 2013 et aggravée par la récente bataille à Kidal entre éléments de l’armée malienne et forces du MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad).

Et le Président du Faso, avant même la réception de son prix, a été fortement sollicité pour relancer ce dossier malien pour lequel il a été désigné médiateur de la Communauté Economiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ainsi, dès son arrivée dans la capitale marocaine, Blaise Compaoré a reçu le président fondateur du Forum Crans Montana Jean-Paul Carteron qui a plaidé auprès de lui pour qu’il reprenne en main les choses au Mali dans l’intérêt de la stabilité régionale. « L’Afrique de l’Ouest est en danger de mort », avait alerté la presse M. Carteron à sa sortie d’audience. Sans utiliser les mêmes termes que Carteron,Nicholas Westcott’’, directeur pour l’Afrique subsaharienne du service extérieur de l’Union européenne a présenté le même sombre tableau de la région en parlant de la dégradation de la situation avec les criminels, les groupes terroristes qui occupent de plus en plus le terrain et de la nécessité de régler au plus vite possible la situation dans l’intérêt de tout le monde. « Nous avons discuté avec le Président du Faso des moyens de rétablir le dialogue entre le gouvernement du Mali et les groupes armées du Nord en vue d’un recommencement des négociations basées sur l’accord de Ouagadougou et pour assurer un progrès assez rapide de ces négociations », a confié pour sa part Westcott. Et de préciser : « Il m’a indiqué qu’il a l’intention de jouer un rôle très actif pour accélérer la préparation de ces négociations en partenariat avec la communauté internationale y compris les Nations-Unies, l’Union africaine, l’Union européenne, les pays voisins. J’espère que dans les semaines à venir le calendrier va s’accélérer ». Comme quoi, il ne fait plus l’ombre d’aucun doute, Blaise Compaoré va reprendre sa mission de bons offices au Mali.

Grégoire B. Bazié, Envoyé spécial à Rabat
Lefaso.net